L'importance des biobanques dans la recherche et développement

le 15 juin 2020, par Pierre Dégousée

Également appelées Centres de Ressources Biologiques (CRB), les biobanques sont des structures chargées de collecter, stocker et mettre à disposition des échantillons biologiques et leurs données associées au profit des patients et des populations. Vue d’ensemble sur ces établissements particulièrement importants pour la R&D.

les biobanques au coeur de la r&d

Histoire des biobanques

La collecte et conservation d’échantillons biologiques humains, animaux ou végétaux est une pratique existant depuis longtemps, mais qui ne fut officialisée que récemment, dans les années 90. Le terme « biobank » fait en effet son apparition seulement en 1996 dans la littérature scientifique, et le nom de « Centre de Ressources Biologiques » est quant à lui adopté en 1999 lors du Workshop Tokyo ’99 on Scientific and Technological Infrastructure – Support for BRCs de l’OCDE. La France approuvera quant à elle cette appellation et son acronyme « CRB » en 2001.

Les ressources biologiques (correspondant aux échantillons biologiques et leurs données associées) constituent une matière première essentielle au progrès des biotechnologies, de la santé et de la R&D en sciences du vivant. La récente révolution intervenue dans le domaine de la biologie moléculaire, due au séquençage du génome et l’analyse des fonctions des gènes, a eu pour effet de considérablement augmenter la demande mondiale en ressources biologiques, ce qui a amené à la création de nombreuses biobanques aux fondations parfois très instables. Cette hétérogénéité en termes de pratiques en biobanking a alors incité l’OCDE à statuer sur ces établissements particuliers. Plusieurs rapports de bonnes pratiques en biobanking furent ainsi émis en 2001 et 2007, dont les lignes directrices sont toujours autant d’actualité aujourd’hui.

Il est évident que les biobanques sont essentielles à la maîtrise et à la préservation de la biodiversité et des ressources génétiques de la planète ; elles constituent un élément primordial de l’infrastructure d’investigation scientifique et de R&D. Cependant, elles doivent faire face à beaucoup de challenges et de problématiques bioéthiques entourant leur activité. Elles dépendent ainsi de la révolution moléculaire, de l’accélération des efforts de conservation de la biodiversité, des incertitudes qui pèsent sur leur financement par les pouvoirs publics et qui nuisent à leur stabilité, de la nécessité d’une assurance qualité de pointe, ainsi que des restrictions d’accès aux ressources biologiques dépendant de la juridiction nationale et internationale. Ce sont ainsi des structures dynamiques, soumises à de nombreux facteurs touchant aussi bien des aspects financiers, éthiques et juridiques que sanitaires, l’utilisation des collections biologiques dépendant fortement des avancées et évolutions de la médecine.

Ainsi, les ressources biologiques occupent une place prépondérante dans la recherche biomédicale d’aujourd’hui : l’avènement de la médecine personnalisée et le rôle capital des biomarqueurs, surtout dans le domaine de l’oncologie, ont principalement contribué à cette évolution, en amenant par exemple à la création de tumorothèques très spécialisées. Les échantillons cliniques peuvent ainsi intervenir dans des phases de design expérimental, d’identification de molécules et de choix de biomarqueurs en vue de leur validation clinique. La Recherche et Développement a également profondément changé ces dernières années, et s’appuie désormais sur l’utilisation de ressources et de compétences d’acteurs diversifiés, dont font désormais partie les biobanques.

Focus sur les ressources biologiques

La principale mission des biobanques est la conservation d’échantillons biologiques à visée de recherche, qu’elles ont la possibilité de céder aux chercheurs et organismes de R&D publics ou privés, afin de faire avancer la recherche biomédicale. Ces mêmes échantillons proviennent de personnes saines ou malades, qui ont au préalable donné leur consentement pour l’utilisation de leurs prélèvements au profit de la science. Les biobanques et CRB disposent ainsi d’un large panel de matériel biologique organisé en collections biologiques thématiques, englobant quasiment tous les éléments du vivant : matériel réplicable (génome, virus, plasmides, …), cellules, tissus, fluides biologiques, données informatiques associées – dérivant d’organismes humains, animaux, végétaux, ou de micro-organismes – afin de couvrir tous les besoins scientifiques des chercheurs.

Les collections de matériels biologiques vont ainsi de petits centres privés à de grands centres de services, et la politique des biobanques est de fournir à tout moment aux utilisateurs les produits et services dont ils ont besoin. Ces produits et services doivent être systématiquement de haute qualité, et les ressources biologiques doivent être conservées sans subir de modifications afin de garantir leur reproductibilité et leur pérennité.

Quelles dispositions réglementaires et éthiques encadrent ces pratiques ?

La plupart des ressources détenues par les biobanques dérivent d’organismes humains, ce qui peut rendre délicat leur utilisation à des fins de recherche. Heureusement, une législation très précise permet d’encadrer les pratiques des biobanques afin d’assurer l’intégrité des données et la sécurité des échantillons biologiques et de leurs propriétaires, dont l’anonymat doit être en permanence conservé. Les lois françaises de bioéthique sont par ailleurs très claires vis-à-vis des échantillons biologiques et de leur utilisation : tout projet de recherche nécessitant du matériel biologique humain doit être validé par un Comité de Protection des Personnes (CPP) et par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) avant de pouvoir débuter.

Des certifications AFNOR sont également requises pour qu’une biobanque puisse exercer ses fonctions, généralement renouvelées tous les trois ans, et dont l’obtention dépend d’un système de management de la qualité efficace et moderne. La norme NF S 96-900 spécifique aux CRB garantit la rigueur scientifique, la sécurité, l’exigence éthique et la régulation économique de la biobanque certifiée, ces quatre piliers étant par ailleurs fondés sur les rapports de l’OCDE précédemment cités. Ainsi, il est assuré que les biobanques disposent d’une expertise réglementaire, technique, scientifique et médicale de haute qualité, permettant une utilisation optimale et sécurisée des ressources biologiques et de leurs collections thématiques. Obtenir des échantillons d’une biobanque certifiée, c’est donc être sûr d’accéder à du matériel de qualité, et de manière réglementée.

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